10 mar. 2016

[Histoire] – Mon premier Semi-Marathon

Semi-Marathon Des Pyramides

  • Type d'histoire : Reel

 

Cela fait maintenant un mois que je m'entraîne, courir n’est pas très compliqué en soit. Le plus difficile c’est pendant la course. Moi je n’ai rien compris et mes runs de 10Km je les fais sans rien prendre que ce soit de l’eau ou du sucre. Bref j’ai des performances qui ne sont pas trop mal à en juger par les autres.

Cependant je termine plus que souvent dans un état très lamentable. Je suis mort de faim et de soif. Je profite donc de ce mois de Février pour m'entraîner là-dessus. Boire c’est compliqué, mais manger c’est jouable. J’ai pris ce que les runners appellent des Gels.

C’est une sorte de compote pour gamins, mais c’est du sucre rapide (Maltodextrine) et des électrolytes (Magnesium, Zinc, Calcium), de plus le miens sont enrichis en vitamine C et en Beta-Alanine.Ouais on dirait un dopé, mais non c’est simplement dans le but de garder mon endurance et de ne pas trop souffrir pendant la course. 

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J’ai découvert les courses de nuit “le Night Run”. C’est cool car je n’ai pas la motivation de courir seul dans le froid. Autant faire du sport dans ma pièce seul le matin ne me dérange pas, mais courir dans le froid c'est déjà plus difficile. Je me rappelle de cette première rencontre. On me demande :

  • “Tu cours à combien ? “
  • “Euh… Je n’en sais rien, je mets un pied devant l’autre et je me laisse porter”

J’étais face à des extraterrestres, clairement, je n’ai rien compris, les types en face de moi savent à combien ils courent ? Moi rien du tout. Je vais faire mon possible pour suivre et voir ce que cela donne. Première sortie de 11Km en 1h… Hmmm c'était bien, j’ai pas trop souffert, c’est bien mieux que ce que j'imaginais. J’ai renouvelé cette opération avec eux plus d’une fois durant ma préparation au semi. 

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 Au travail j'harcèle mon mentor en lui demandant pleins de renseignements sur la nutrition d’avant, de pendant et d’après la course. Il est super gentil et me donne pleins de clés. Du coup je sais maintenant un peu à quoi m’en tenir. La semaine passe très vite et déjà dans 15jours c’est le semi.

Je regarde mes rations de la semaine, j’ai toujours une diet chargée en glucides. Le but étant d'éviter la perte d'énergie lors de la course. Puis le stress monte… Pourquoi ? Je ne sais pas, mais j’ai peur, peur de ne pas finir. De plus mon mentor qui hurle à tue-tête que je vais faire un bon temps alors que je n’ai JAMAIS couru 21Km, ça n’aide pas à faire redescendre la pression… 

Dernière semaine, le semi c’est ce week-end ! Je profite de lundi et de mardi pour voir ma cadence, je suis très fier de moi avec des retours autour de 13Km/h sur 10Km. Certes, je termine liquide et cela rajoute encore un peu de stress “Vais-je arriver à tenir les 13 de moyenne pendant 21Km ?”

La veille j'achète un sac d’hydratation que j’ai utilisé pour la première fois... en course! Pas très intelligent de tout ça… Chaque fois que je buvais un coup je manquais de m’étouffer… Voila la galère! Mais bon, j’ai fait avec, la prochaine fois je préparerai aussi ce genre de détail ! 

Arrivé non loin de la ligne de départ, la pression fait un bond : il y a des gens PARTOUT, des coureurs, du public, des organisateurs... Ok, merci, je vais aller décéder dans un coin tellement j’ai peur. Bon, direction la remise des dossards. 

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 Je suis tout content avec mon dossard et je commence à refermer la bulle autour de moi. Je me ferme un peu à toute communication, et me concentre sur la course. C’est une sensation assez bizarre. C’est comme si on baissait le son ambiant et que seul votre cœur raisonne dans vos oreilles.

Je pars m'échauffer avec mon mentor qui me prodigue les derniers conseils d’avant course. Je découvre des coureurs avec des drapeaux au-dessus d’eux, ce sont les “donneurs d’allure”. C’est cool je regarde les valeurs 1h15… Mouais toi tu peux passer, je pense, que jamais je n’arriverai à te suivre… 2h00... Oui disons que c’est un de mes objectifs alors pourquoi pas. 1h45… Ah c’est déjà mieux ! C’est le temps que je vise. Je me dis que tant qu’il est derrière c’est bon pour moi. Du coup je ne me mets pas loin de lui.

Je me retrouve en fait dans le groupe de runners au centre entre 1h45 et 1h30. Parfait, si je peux je double le 1h30 sinon je taclerai le 1h45 pour pas qu’il me double. Le départ est donné ! Et là, c’est dur, dur parce qu’en fait, loin comme j'étais, nous avons marché vers l’arche du départ…

C’est bizarre comme sensation : on imagine que la course est finie et que nous n’avons même pas encore commencé… C’est bon me voilà parti. Avec les conseils que j’ai eu avant la course j’ai pris mon temps. Je ne suis pas parti comme un furieux pour éviter de crever d'asphyxie 100m plus loin.

Pendant les 10 premiers km, c'était bon, j’avais mon rythme tout se passait bien. J’ai même le temps de faire des sourires sur les photos, je regarde le paysage et je cours. Je me base sur les personnes devant, et lorsque je le sens bien je déboîte et je passe au groupe d'après. J’ai trouvé ça un peu dur, mais bon cela ne m’a pas plus cassé les pattes que ça.

Mais certains coureurs sortaient du rang pour faire pipi, puis revenaient et remontaient tout le monde comme des oufs, et ils ont fini largement devant moi ! Je profite du ravitaillement des 5Km pour me faire une poche de Gel et boire ma potion magique (Guarana, caféine, vitamine C).

J’en bois un peu toutes les 5mins environ. Le ravitaillement des 10Km arrive, c’est le moment de mon second gel… Ce ravitaillement des 10Km est situé au niveau de la ligne de départ du semi, du coup il y a plein de gens qui hurlent des encouragements… C’est très émouvant d’avoir des gamins qui crient “ALLEZ MONSIEUR, ALLEZ !!!!!”. J’ai trouvé ça tout à fait énergisant, à tel point que j’en ai carrément oublié mon ravitaillement… Et je vais le payer plus tard ! 

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 C’est au 13ème Km que tout se gâte : une montée m’a séché les gambettes, je ressens rapidement un manque de sucre flagrant. Mal de tête, bouche sèche, manque d'énergie… Ce ne sont pas des blagues quand on parle du “MUR du marathonien” même si dans mon cas c’est plutôt le “muret du semi-marathonien” et qu’il se situe donc dans le 13ème km. 

J’ai la désagréable impression d’avoir les jambes lourdes, et je n’avais qu’une envie c'était de m'arrêter sur le bord de la route. Mais je ne me laisse pas faire, je discute avec moi-même… Oui, oui, sociopathe, psychopathe ou tout ce que vous voulez, j’ai fait une grosse introspection.

J’ai scanné mon corps… rien ne me faisait mal, donc je continue de courir… Je me rappelle soudain le ravito raté, j’enfourne mon gel et je ne fais pas la même erreur qu’au ravito des 5Km, ou j’avais ouvert ma bouteille et commencé à boire AVANT l'arrivée du gel, et du coup j’avais profité d’un grand bol de vapeurs dégueux.

Du coup je prends mon gel, je picole un coup, puis deux, puis trois… Et je continue à discuter avec moi-même. Le moral en prend un coup aussi car j’ai l’impression de ralentir et de ne pas arriver à reprendre la course, tous les coureurs me doublent un par un… Mais mon GPS m’annonce que je suis toujours à 13km/h, et  5min plus tard il me dit 12,5km/h… et moi qui pensait que c'était bien moins que ça. Ce n’est qu’en arrivant au passage du ravito des 15Km, c’est à 20min plus tard environs, que j’ai les effets du gel.

J’ai retrouvé ma pêche et j’ai repris ma course de plus belle. Bon plus que 6 Km… C’est maintenant qu’il faut tenir bon… J’ai, tout au long de ma course, fait une stratégie qui visiblement a payé et je compte bien la tenir jusqu’au bout. Je vous donne mon secret…

Ouais enfin c’est surtout ce que j’ai compris après la course. C’est une technique que j’ai mise en place sans faire exprès. Le but étant de m'économiser pour arriver au bout, il était donc hors de question que je fasse le sauvage en prennant un rythme qui n’est pas le mien. Donc je me suis mis à ma vitesse de croisière et j’ai couru. Lorsque j'arrivais près d’un participant, je regardais sa foulée et son rythme pour voir si je pouvais rester derrière lui le temps de faire un peu de récupération.

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Pour ça il fallait que le participant soit à la même vitesse que moi environ. Lorsque j’allais mieux, je déboîtais et reprenais ma vitesse de course. A chaque fois un phénomène se passait : le participant accélérait un peu pour me suivre. Si je voulais passer en force, il fallait que je monte ma vitesse.

Mais c'était hors de question, donc je laissais tranquillement le participant accélérer et je repassais derrière lui. Au bout d’une centaine de mètres, il reprenait sa vitesse. Je refais l'opération plusieurs fois, en moyenne trois fois étaient suffisantes pour le casser et je pouvais passer sans encombre à ma vitesse.

C'était payant à la longue, car je me fatiguais pas pour doubler les gens. C’était dans la longueur que ça se gagnait. Donc nous voici dans les cinq derniers km, je mets en pratique ma “technique” développée au fil de la course. Sauf qu’un participant n’a pas dû apprécier, il a fini par me doubler en donnant plus qu’il ne pouvait visiblement. Il me double et se place devant moi, pour ralentir très violemment. J’ai manqué de le pousser dans les dunes, j’ai pesté contre lui.

Mais ayant maintenant tous les bienfaits de mon gel, et certainement aussi sous le coup de la colère, j’ai déboîté et fini par doubler plus de 20 personnes à une vitesse qui n'était pas la mienne. Je me suis dit qu’il fallait absolument que le lâche l’affaire sinon je ne finirai pas la course.

C’est donc ce que j’ai fait. La dernière ligne droite enfin. Plus que 3 Km environ, je croise les membres de mon équipe qui me soutiennent et hurlent “GO GO GO” …. C’est très plaisant comme sensation. Savoir que des personnes vous soutiennent dans l’effort ça donne la pèche.

J'étais tellement mort de fatigue que je n’ai rendu que des signes de main, je ne pouvais pas hurler comme eux… Le dernier km, j'écoute mon GPS, mon temps n’est pas mal, je me scanne pour la dernière fois, je n’ai mal nulle part, j’ai toujours mon point de coté qui est là depuis le départ, donc je fais avec… C’est le moment d’en donner un peu plus. J’ai de la chance, les dalles du parcours sont assez espacées et m’ont donné le rythme de la fin. Je suis passé sur le dernier km autour des 14.5Km/h de moyenne.

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Épuisé lorsque j’ai vu la fin, il n'était pas question que je lâche. J’ai continué tant que je pouvais garder ce rythme, je remonte les participants un par un. J'entends un type qui hurle derrière moi, des mots de motivation. J’ai cru que c'était un spectateur qui nous encourageait.

Lorsque je jette un œil derrière, il n’en était rien. C'était un participant qui lui avait une patate un truc de fou. Il a même pris le temps de me faire un beau sprint sous le nez. Plus que quelques centaines de mètres, c’est fou, mais à ce moment j’ai cru qu’un petit malin avait attrapé la ligne d'arrivée et se barrait avec, je n’arrivais pas à voir le bout.

Je finis par passer la ligne. Je suis très content de moi. J’ai pas mal lu de récits sur les marathoniens et sur la nutrition pour le running. Après une course pareille, nos réserves de Glycogène sont au plus bas. Cela se traduit par des jambes lourdes et des tremblements.

Ce phénomène est surtout pour les débutants, les amateurs ont moins ce problèmes. En tout cas moi, je ne pouvais plus marcher dans les 5min qui ont suivi l'arrêt de ma course. Je ne me suis pas jeté sur le buffet de chocolat… En même temps je ne l’ai pas trouvé tellement j'étais dans le foin.

J’ai terminé mon Camelbak et je suis parti retrouver mon équipe. Voici donc les grandes lignes de mon premier semi-marathon. C’est à faire au moins une fois dans sa vie, c’est très bon de voir tout ce monde qui encourage des inconnus.

De voir que nous ne sommes que des voitures de course qu’il faut régler avant, pendant et après la course. Que la nutrition y fait beaucoup, tout comme les sessions de running. Je me suis éclaté et je recommencerai sans problème. Maintenant à la question “est-ce je ferai un marathon” la réponse est claire : “NON ! je ne suis pas prêt, peut-être l’an prochain”. Enjoy

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